Chien guide ou chien d’assistance : un dispositif particulier pour l’inclusion des citoyens
Aujourd’hui, en France, 12 millions de personnes vivent avec un handicap, qu’il soit visible (20 %) ou non visible (80%). C’est aussi 1,7 millions de cette population qui est atteinte de déficience visuelle dont environ 200 000 souffrent d’une cécité ou d’une malvoyance très importante.
Pour permettre à ces citoyens de vivre et d’accéder à l’espace public de façon la plus autonome et sécurisée possible, une aide particulière de compensation a été mis en place agissant comme un relais technique indispensable entre la personne et son environnement : il s’agît du chien qui peut être d’assistance ou guide.
On vous en dit plus dans cet article.
Chien guide, chien d’assistance = chien de compagnie ?
Les chiens « guide » et « d’assistance » sont plus que des chiens de compagnie, ce sont des chiens de travail. Ils ont été dressés pour venir en aide, accomplir des tâches spécifiques aux personnes en situation de handicap qu’ils accompagnent, favorisant ainsi leur autonomie dans leur vie quotidienne.
Même si leur fonction première est d’aider, ils vont se distinguer par leurs spécificités.
1. Le chien guide : une aide de compensation à la déficience visuelle
Le chien guide accompagne, guide dans les déplacements d’une personne mal-voyante ou non voyante.
Il est formé à l’obéissance intelligente c’est-à-dire qu’il est capable d’analyser des situations complexes, dont voici quelques exemples :
- Analyser le flux de la circulation,
- De reconnaître le danger (une voiture qui grille un feu rouge),
- Des obstacles en hauteur (qu’une canne blanche ne détectera pas),
- De marquer l’arrêt à un passage piéton, devant des escaliers
- D’amener la personne devant la porte du bus, de lui trouver une place libre dans ce dernier
- De prendre des initiatives pour éviter le danger
La formation pour devenir chien guide dure environ 2 ans, et se fait en deux temps :
- Une période de sociabilisation (2 à 18 mois) dans une famille d’accueil
- Une période de 6 mois de travail intensif avec un éducateur professionnel, dans un centre d’éducation spécialisé
Une fois son certificat d’aptitude obtenu, le chien guide passera environ2 semaines de stage intensif avec son futur maître. En raison de l’exigence de cette formation, seulement 200 chiens arrivent au bout du cursus chaque année, en France.
2. Le chien d’assistance : un auxiliaire technique pluridisciplinaire
A la différence du chien guide, le chien d’assistance a été formé pour répondre aux besoins spécifiques découlant du handicap moteur, médicaux ou psychiques. Son rôle consistera à réaliser des tâches que la personne ne peut accomplir seule, voici quelques exemples :
- Ramasser un objet (téléphone, carte bancaire, clés, …)
- Ouvrir et fermer une porte, un tiroir,
- Activer les interrupteurs
- Déclencher l’alerte en allant chercher un tiers ou activer le bouton d’alarme
- Aider au transfert d’une personne en fauteuil
- Détecter les prémices de la crise d’épilepsie, du diabète de type 1
La formation du chien d’assistance suit une chronologie très proche de celle du chien guide, avec une spécialisation sur les tâches motrices et sensorielles lui permettant d’apprendre une 50aine de commandes. Un stage de 15 jours est ensuite organisé avec le futur bénéficiaire. A l’issue de ce stage, le binôme passe un examen et obtient le certificat officiel.
Comment distinguer les chiens guide et d’assistance du chien de compagnie ?
Ils sont reconnaissables par un élément d’identification visuelle : un harnais, un insigne ou foulard sur lequel apparait le logo de l’organisme qui l’a entraîné.
- Le chien guide porte un harnais rigide spécifique, muni d’une poignée qui permet au maître de ressentir les mouvements et les directions de l’animal.
- Le chien d’assistance, quant à lui, porte une cape ou un gilet (souvent bleu, jaune ou rouge suivant l’association qui l’a formé) avec deux sacoches de part et d’autre de ses flancs.
Les chiens guide ou d’assistance ont-ils le droit d’entrer dans tous les lieux ?
Pour effectuer pleinement leur travail, les chiens guide/d’assistance doivent pouvoir avoir accès à tous les lieux publics (commerces, restaurants, cinémas, hôtels, campings, loisirs, meublés, hôpital, médecins) et aux moyens de transports (trains, taxis, autocars, bus, avions).
L’éducation spécifique qu’ils ont reçue garantit un comportement exemplaire et parfaitement adapté en toute circonstance et dans n’importe quel environnement.
Les dispositions législatives qui confortent le statut spécifique de ces chiens (valable aussi pour les jeunes chiens en formation) ont été adoptées en 1987 et renforcées dans le cadre de la « loi handicap » du 11 février 2005.
De ce fait, leur présence ne peut être refusée, ni occasionner de surcoûts supplémentaires pour leur maître. Le refus d’accès est passible d’une amende. (Article L241-3 du code de l’action sociale et des familles)

La mise en place de ces duos d’exception « maître-chien guide » reste un défi de longue haleine : chaque année, la rigueur des centres de formation ne permet de remettre que 200 chiens guides et 450 chiens d’assistance. Cet effort constant de l’éducation spécialisée permet actuellement à 1 500 binômes « maître-chien guide » de regagner leur indépendance, aux côtés de 3 000 binômes bénéficiant d’un chien d’assistance pour des besoins moteurs ou médicaux.